> LA LOI NORMALE DES ERREURS : VERNICHTET _________________________________

TOKYO-GRAND-ENSEMBLE

VERNICHTET-DETAILS-LA_LOI_NORMALE_DES_ERREURS

21-VERNICHTET-44x35cm

20-VERNICHTET-44x36cm

19-VERNICHTET-47x38cm

18-VERNICHTET-52x42cm

17-VERNICHTET-53x43cm

16-VERNICHTET-55x43cm

15-VERNICHTET-58x47cm

14-VERNICHTET-62x52cm

13-VERNICHTET-63x53cm

11-VERNICHTET-66x55cm

10-VERNICHTET-80x63cm

09-VERNICHTET-79x62cm

08-VERNICHTET-79x64cm

07-VERNICHTET-91x71cm

06-VERNICHTET-91x77cm

05-VERNICHTET-109x78cm

04-VERNICHTET-120x82cm

03-VERNICHTET-126x103cm

02-VERNICHTET-132x109cm

Blanc de meudon

Cadres anciens calcinés et graphite sur bois noir
Dimensions et propositions variables
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Installation
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2015
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Le 27 mai 1943 une colonne de fumée s’élevait avec persistance de la terrasse des Tuileries. Elle ne disparut qu’avec le crépuscule et le black-out.
L’incendie se localisait aisément dans le jardin intérieur du musée du Jeu de Paume, où crépitait dans les flammes une pyramide hérissée de cadres et de châssis. On pouvait y apercevoir, par éblouissements successifs, des images qui disparaissaient ensuite dans le feu. Des servants entretenaient ce bûcher avec des soins attentifs qui semblaient participer au rituel d’un sacrifice. Une sentinelle en armes surveillait la scène et en empêchait l’approche.

Rose Valland, Le Front de l’art : Défense des collections françaises : 1939-1945, Paris, Plon, 1961, p. 178.
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 L’installation nommée La loi normale des erreurs : Vernichtet fait référence au supposé bûcher qui aurait réduit en cendres un ensemble de 500 à 600 œuvres en mai ou juillet 1943 dans les jardins des Tuileries, à Paris. Elle se présente sous la forme d’une accumulation distribuée au sol d’une trentaine de cadres, rendus noirs par des procédés de calcination à la lance propane ; ces derniers, aux dimensions très variables, renferment tous une surface noire satinée accueillant à la mine de plomb le mot « vernichtet » en lettres majuscules.
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Vernichtet : détruit, anéanti, supprimé, exterminé. Vernichtet, comme cette annotation manuscrite ou tapée au bas de certaines des fiches d’indexation établies par l’administration nazie pour chacun des biens meubles saisis aux propriétaires juifs ciblés par la politique de confiscation ; parmi ces biens, que l’on peut identifier sur les bases de données de l’ERR, figure une part conséquente de peintures ou d’œuvres sur papier. Outre les œuvres d’art dites « dégénérées » souvent citées, comme celles de Picasso, Ernst, Arp ou Mirò, figurent dans cette base celles d’artistes méconnus. Ainsi découvre-t-on en parcourant ces listes que l’atelier de la peintre Alexandra Pregel, mentionnée par  le suffixe « Aux », a été totalement vidé des centaines de productions qu’il contenait ; et à en croire l’ensemble des fiches relatives à ces œuvres, celles-ci furent toutes détruites.
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L’installation vient exaucer la lointaine idée de proposer une œuvre évoquant les tragédies d’une censure par le feu sans passer par la destruction de biens culturels. Il eut été effectivement fort mal venu de dénoncer un autodafé en incendiant des livres, fussent-ils mauvais… Ainsi, Vernichtet propose une traduction visuelle, fragmentaire et imaginaire, de ce qu’aurait pu être un bûcher d’œuvres d’art ; les cadres, dont les dimensions n’évoquent pas d’œuvre particulière, sont présentés à titre de symbole et de victime. Au-delà de celles commises par les Nazis, l’installation est conçue de manière à dénoncer toutes les formes d’exactions à l’encontre des biens culturels pratiquées au nom d’une idéologie délétère – exactions passées, actuelles et certainement à venir.

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