> Diogène de Sinope, Fils d’une supposée crapule

diogene-triptyque

Blanc de meudon

Diogene-48

Blanc de meudon

2009
24 x 4 x 4 cm,
peinture industrielle, bois, plomb & aluminium, polypropylène & fibre naturelle
Édition de 50 exemplaires,
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Diogène de Sinope, fils d’une supposée crapule, est une oeuvre composée de cinquante sculptures potentiellement gratuites pour l’acheteur, chacune des œuvres renfermant un chèque bancaire encaissable, équivalent au montant fixe de son prix d’achat et correspondant à une estimation du coût de sa réalisation. Le titre des œuvres, toutes distinctes, évoquant tant la banque qu’un trésor caché, fait référence à la légende du philosophe cynique grec Diogène, incarnation de la richesse qui repose au milieu des ordures, fils d’un présumé faux-monnayeur contraint à l’exil qui vivait dans une amphore. Le sac-poubelle présenté sur un socle rappelle par sa forme une bourse dont le propriétaire pourrait disposer comme il l’entend et dont le contenu pourrait servir à un éventuel remboursement de l’achat. La sculpture affirme ainsi pleinement le statut de réserve d’argent souvent prêté à l’œuvre d’art, tout en limitant une éventuelle prise de risque qui accompagne habituellement son achat.

Mystère révélé par la volonté de l’artiste, mis en scène au sein d’une présentation évoquant celle des trophées, le contenu du sac fonctionne comme un appât permettant d’évaluer le comportement de l’acheteur et de mettre en valeur ses conséquences pour l’artiste. La curiosité et la convoitise qu’il peut susciter sont susceptibles de générer la destruction de l’œuvre. La question se pose alors naturellement de l’intérêt d’acheter une œuvre d’art pour l’anéantir – ce qui revient à nier l’attirance esthétique et l’intérêt du collectionneur au profit d’un comportement rappelant plutôt celui que provoquerait un jeu de hasard sans hasard où le remboursement de la mise serait assuré.
Le comportement de l’acquéreur vis-à-vis du sac-poubelle permet de jauger le degré de confiance envers l’artiste et la valeur accordée à son travail. La destruction de l’œuvre, qui permet seule la récupération du chèque en raison du système de fixation interne du sac, entraîne en effet l’anéantissement d’une réalisation longue et soigneuse, résultant de multiples opérations répétées cinquante fois. En dépit de leur apparence standardisée et uniforme, les œuvres résultent d’un assemblage complexe d’éléments entièrement travaillés à la main – du socle au sac, découpé dans une bâche et thermo-soudé, en passant par la tige en aluminium peint qui les relie. L’acheteur est libre de choisir le retour total sur investissement plutôt que la thésaurisation, induisant pour l’artiste la vente à pure perte de son œuvre.
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